Les amateurs de weed le savent, la fameuse “foncedalle” peut rapidement faire exploser le compteur calorique. D’ailleurs, comme vous le savez sans doute, le cannabis est parfois prescrit pour stimuler l’appétit des personnes qui suivent un traitement lourd comme la chimiothérapie.
Et pourtant, il semblerait que les consommateurs de cannabis aient un IMC (Indice Masse Corporelle) plus faible que les personnes qui n’en consomment pas. En effet, une étude fraichement publiée, réalisée sur un panel de plus de 700.000 participants, révèle que les fumeurs de marijuana sont moins susceptibles d’être obèses.
Ces résultats font la peau au stéréotype du fumeur de joint avachi dans son canapé, une main dans un paquet de chips, l’autre sur la télécommande. Mais le plus important, ils pourraient ouvrir la voie à une nouvelle forme de traitement contre les troubles de l’alimentation.
Une étude fait le lien entre consommation de cannabis et obésité
L’étude dont il est question a été réalisée aux États-Unis par Ray Merrill, professeur au département de santé publique de l’université Brigham Young. Elle porte sur un échantillon de 735 921 adultes entre 2016 et 2022, à travers le Behavioral Risk Factor Surveillance System.
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, Le Behavioral Risk Factor Surveillance System (BRFSS) est un système de surveillance épidémiologique utilisé aux États-Unis pour recueillir des données sur les comportements à risque liés à la santé, les maladies chroniques et l’utilisation des services de santé. Créé par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), il s’agit de la plus grande enquête téléphonique de santé publique au monde. Chaque année, des millions d’Américains sont interrogés sur divers aspects de leur santé, ce qui permet aux chercheurs d’analyser les tendances et d’informer les politiques de santé publique.
Les données recueillies et analysées par les chercheurs révèlent que les personnes obèses sont moins susceptibles de consommer de la marijuana par rapport aux personnes non obèses.
En effet, la prévalence de la consommation de cannabis chez les individus obèses est inférieure de 35 % en moyenne. Ce, quels que soient la situation économique, l’âge, le type d’emploi, etc.
Pourquoi le cannabis pourrait-il réduire le risque d’obésité ?
Comme on le disait un peu plus tôt, le cannabis n’est pas forcément associé à un comportement alimentaire plus sain. On mentionnait le phénomène des fringales, qui suggère que le cannabis stimule l’appétit. Il est d’ailleurs utilisé à ces fins-là dans certains hôpitaux…
En réalité, les mécanismes du cannabis ne sont pas binaires. Rappelons que les cannabinoïdes agissent sur un système de récepteurs dont l’objectif est de maintenir certains processus biologiques en état d’équilibre. Autrement dit, ils n’appuient pas sur un interrupteur “stimuler/réduire” l’appétit. Ils régulent.
Ainsi, la consommation de cannabis pourrait aider les personnes dont le métabolisme est “dysfonctionnel” et lié à un gain de poids “anormal”.
Et puis, n’oublions pas que la pratique d’une activité physique régulière joue un rôle important dans la régulation de la masse corporelle. À ce sujet, certaines études révèlent que la consommation de cannabis peut rendre la pratique d’un sport plus agréable.
En effet, une étude a été réalisée l’année dernière avec 49 consommateurs de cannabis âgés de 21 à 49 ans. Les participants ont comparé leurs expériences de course avec et sans consommation de cannabis. Bien que la course avec cannabis ait été légèrement plus lente (environ 19,3 secondes par kilomètre), les participants ont ressenti plus de plaisir, moins de douleur, et une euphorie accrue.
Enfin, bien que dans l’imaginaire collectif, le consommateur de cannabis moyen soit perçu comme sédentaire (pour ne pas dire paresseux), la réalité est souvent toute autre… Parmi les profils types, il y a notamment une bonne proportion de sportifs (certains de haut niveau) et de personnes très “healthy”.

Le cannabis comme traitement contre l’obésité ?
Attention, personne ne dit que le cannabis est un coupe-faim et qu’il peut, à lui tout seul, venir à bout des troubles alimentaires comme l’obésité. Il ne peut rien contre certaines prédispositions génétiques, ni contre le confort de la sédentarité et encore moins contre les mauvaises habitudes alimentaires.
Par ailleurs, s’il est fumé, le cannabis est nocif pour les poumons. Et s’il est riche en THC, il peut empirer certaines conditions psychologiques (troubles de l’humeur notamment). Il y a donc encore du chemin à faire avant que le cannabis ne soit recommandé pour maintenir un poids sain.
D’ailleurs, les chercheurs concluent leur étude en disant que les cliniciens devraient identifier les patients qui consomment de la marijuana et discuter des risques et des avantages potentiels du médicament pour leur état de santé et leur santé globale.
Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une piste à explorer, notamment aux États-Unis, où l’obésité est présentée comme un fléau et où le cannabis est légal dans de nombreux États.