Souffrez-vous d’une carence en endocannabinoïdes ?

Migraines, fibromyalgie, côlon irritable, anxiété, sclérose en plaques, épilepsie, Parkinson … À première vue, et pour la majorité du corps scientifique, ces maladies orphelines ont peu de choses en commun. Sauf pour le Dr Ethan Russo. Selon ce neurologue et pharmacologue – référent dans le domaine du cannabis médical – ces pathologies pourraient bien être la manifestation d’une carence en endocannabinoïdes.

Aujourd’hui, le Guide vous explique ce qu’est un déficit en endocannabinoïdes, quelles sont les causes possibles, les éventuels symptômes, ainsi que les moyens d’endiguer ce manque de cannabinoïdes.

🤓

La p’tite précision du Guide

💪​ Endocannabinoïde = cannabinoïde endogène, synthétisé spontanément par l’organisme (Anandamide et 2-AG)

🍀​ Phytocannabinoïde = cannabinoïde végétal, synthétisé par certaines plantes dont le cannabis (CBD, THC, CBG, CBN, CBC, etc.)

👌 Cannabinoïdes = terme général le plus souvent utilisé en référence aux phytocannabinoïdes.

Rôles et fonctionnement du système endocannabinoïde

Depuis le début des années 90 (1988, pour être précis), l’on sait que tous les mammifères sont pourvus d’un système endocannabinoïde (abrégé SEC). Sa découverte – bien que mal connue du grand public – marque un tournant décisif dans la compréhension du corps humain. En effet, ce vaste réseau de neurorécepteurs est tout aussi important – et complexe – que le sont nos systèmes nerveux et immunitaire.

Le SEC est considéré comme un régulateur universel. C’est lui qui assure le bon fonctionnement de nos fonctions physiologiques vitales : pression sanguine, température corporelle, synthèse d’hormones, intensité de l’influx nerveux, réponse immunitaire … Bref, le SEC est un véritable chef d’orchestre, garant d’une harmonie interne que l’on appelle aussi « homéostasie ».

S’agissant de comprendre ce qu’est la carence en endocannabinoïdes, voici ce qu’il faut savoir :

👉​ L’organisme produit naturellement deux endocannabinoïdes : l’anandamide et l’AG-2. Ce sont les deux principaux neurotransmetteurs du SEC ;

 

👉​ Il existe deux grands types de récepteurs sur lesquels se fixent l’anandamide et l’AG-2 (et les phytocannabinoïdes) :

    • Ceux du type CB1 : majoritairement situés dans le cerveau (mais aussi au niveau des tissus musculaires, dans les poumons, le système digestif et les organes sexuels), ils assurent avant tout le fonctionnement du système nerveux central et périphérique : gestion des émotions, de la douleur, de la mémoire et de l’apprentissage.
    • Et ceux du type CB2: principalement présents dans les cellules du système immunitaire (dans les os, l’épiderme et la rate), ils gèrent la réponse inflammatoire et les processus anti-inflammatoires.

Bref, vous l’aurez compris, si le SEC ne fonctionne pas correctement, eh bien cela peut impacter de nombreux aspects de notre santé !

Théorie du Dr Ethan Russo

Selon le Dr Ethan Russo, chaque individu a son propre « ton d’endocannabinoïdes », c’est-à-dire, plus ou moins d’anandamide et d’AG-2 dans le sang, ainsi qu’un réseau de neurorécepteurs CB1 et CB2 plus ou moins développé. (1)

Un « ton d’endocannabinoïdes » déficient pourrait donc être la cause d’un dysfonctionnement global à l’origine de certaines pathologies.  En effet, comme nous l’avons dit, le SEC intervient sur tous les fronts, dès lors qu’il régule :

  • Le système nerveux central et périphérique ;
  • Le système immunitaire ;
  • Mais aussi le système endocrinien et donc, la régulation des hormones.

C’est notamment sur l’interaction du SEC avec la synthèse de certaines hormones clés comme la sérotonine et la dopamine que le Dr Ethan Russo fonde sa théorie de la carence en endocannabinoïdes.

En effet, selon lui, une carence en endocannabinoïde induit un déséquilibre des niveaux de dopamine et de sérotonine.

Quelles seraient les conséquences d’une carence en endocannabinoïdes ?

Si l’on part de la théorie formulée par le Dr Russo, alors une carence en endocannabinoïde induit une carence (ou un excès) en dopamine et/ou en sérotonine. De ce fait, l’on peut voir apparaître l’apparition de symptômes isolés tels que :

  • Maux de tête ;
  • Douleurs musculaires, raideur des muscles, tremblements ;
  • Difficulté à coordonner les mouvements ;
  • Troubles du sommeil ;
  • Problèmes de concentration ;
  • Dépression, anxiété ;
  • Troubles sexuels ;
  • Problèmes intestinaux …

En parallèle, Russo remarque que certaines maladies orpheline – comme les migraines, la fibromyalgie, le syndrome du côlon irritable – ont plusieurs points communs :

  • Leur diagnostic est subjectif, il n’existe pas de « marqueurs » concrets ;
  • Les douleurs sont de nature neuropathique;
  • La sensibilité physique est accrue ;
  • Les patients présentent généralement tous un état de fatigue inexpliqué, voire un état dépressif, ainsi que de l’anxiété.

Ces symptômes ayant la particularité d’être intrinsèquement liés à la sécrétion de sérotonine et de dopamine, ces maladies – dont on ne connait pas la cause actuellement – pourraient en réalité être la manifestation d’une carence en endocannabinoïdes. C’est en tout cas ce que pense le Dr Russo.

Quelles maladies peuvent avoir un lien avec la carence en endocannabinoïdes ?

Migraines

Troubles de l’anxiété

Trouble du sommeil

TDAH

Dépression

Sclérose en plaques

Parkinson

Crises d’épilepsie

Qui est le Dr Ethan Russo ?

👉​ Neurologue et psychopharmacologue ;

👉​ Il cumule plus de 25 ans d’expérience dans le domaine du cannabis médical ;

👉​ Il a publié des dizaines d’études concernant le système endocannabinoïde, l’effet d’entourage et la carence en endocannabinoïdes ;

👉​ Conseiller médical chez GW Pharmaceuticals (laboratoire spécialisé dans l’utilisation médicale de cannabis à l’origine de la formule du Sativex et de l’Epidiolex) ;

👉​ Fondateur de Phytecs (société de biotechnologie spécialisée dans la recherche sur le système endocannabinoïde et ses débouchées médicales) ;

👉​ Co-fondateur de CReDO-Science (société spécialisée dans la commercialisation de produits thérapeutiques à base de cannabis).

Quelles seraient les causes d’une déficience en endocannabinoïdes ?

Notre capacité à synthétiser des endocannabinoïdes, mais aussi l’étendue du réseau de récepteurs CB1 et CB2 dépend fondamentalement de l’héritage génétique. Cependant, le ton endocannabinoïde peut également se voir perturber par les conditions de vie.

Facteurs génétiques

Tous les mammifères naissent avec un système endocannabinoïde, mais tous les systèmes endocannabinoïdes ne se ressemblent pas :

👉​ La répartition des récepteurs CB1 et CB2 varie d’un individu à l’autre, que ce soit en proportion, en quantité ou même au niveau de leur localisation dans l’organisme.

👉​ La sécrétion des protéines FAAH et MAGL – enzymes nécessaires à la régulation des niveaux d’Anandamide et d’AG-2 – varie elle aussi selon la génétique des individus ;

👉​ Enfin, la sensibilité du SEC, et donc, sa tendance à synthétiser nos deux endocannabinoïdes est également une question de génétique.

A priori, il n’est pas toujours évident de mesurer le ton endocannabinoïde génétiquement hérité d’une personne. En effet, comme nous allons le voir dans le prochain paragraphe, notre SEC est extrêmement sensible à notre environnement, lequel, évolue au cours d’une vie.

Toutefois, il existe de par le monde certains cas exceptionnels qui montrent bien que nous n’avons pas tous le même système endocannabinoïde.

C’est notamment le cas de Jo Cameron, une femme de 71 ans qui n’a jamais ressenti ni la douleur physique, ni le stress moral au cours de sa vie. Alors non, cette dame n’a pas vécu en autarcie pendant toutes ces années. Plusieurs évènements ont permis de confirmer – scientifiquement – que Jo Cameron se montre incroyablement résistance à la douleur, ainsi qu’au stress.

Après plusieurs études, les scientifiques ont découvert que Jo Cameron est porteuse d’un gène particulier, capable de maintenir le niveau d’Anandamide bien au-dessus de la moyenne. (2)

L’Anandamide – qui signifie « béatitude » en Sanskrit – est responsable du sentiment de plaisir, et de bonheur, dès lors qu’elle régule le niveau de sérotonine et de dopamine. Elle joue un rôle important dans la perception de la douleur.

Causes externes

Comme nous l’avons dit, le SEC joue le rôle de médiateur. Il travaille à réguler constamment la sécrétion d’hormones en fonction des besoins.

Par exemple, lorsque l’organisme est soumis à un pic de stress et que le corps libère une grande quantité d’adrénaline et de cortisol, il va immédiatement chercher à rétablir l’équilibre en libérant des endorphines. Lorsque l’organisme retrouve son calme, il élimine les endorphines devenues obsolètes.

Mine de rien, ce travail de régulation demande beaucoup d’énergie, et si l’on en abuse, eh bien il finit par se détraquer. Au bout d’un moment, l’organisme perd la notion d’équilibre et de déséquilibre.

C’est en cela que les conditions de vie peuvent affecter le bon fonctionnement de notre SEC induisant une carence en endocannabinoïdes.

Comment stimuler le SEC pour augmenter la production d’endocannabinoïdes ?

Bon, côté génétique, c’est coton. Si vous avez hérité d’un système endocannabinoïde un peu frileux, il faudra faire avec. En revanche, vous pouvez parfaitement changer quelques mauvaises habitudes de vie pour faciliter son travail !

Voici donc 4 façons – relativement simples, alors pas d’excuses ! – de stimuler la production d’Anandamide et d’AG-2.

Favoriser les aliments riches en fibres et en omégas 3 et 6 🍽️​

Comment voulez-vous que votre organisme synthétise correctement vos endocannabinoïdes si vous ne lui donnez pas les nutriments dont il a besoin pour le faire ?

Eh oui, lorsqu’il est question d’hygiène de vie, l’alimentation est forcément dans la ligne de mire. Et vous connaissez sans doute la chanson : limitez votre consommation d’aliments gras, sucrés, salés et mangez au moins 5 fruits et légumes par jour.

Si vous n’avez pas vu un fruit depuis la dernière sangria, alors commencez par appliquer – au moins un peu – ces sages conseils nutritifs.

Si vous n’avez pas vu un fruit depuis la dernière sangria, alors commencez par appliquer – au moins un peu – ces sages conseils nutritifs.

En ce qui concerne les nutriments dont vous avez besoin pour combler votre SEC, eh bien privilégiez (3) :

​👉 Les aliments riches en oméga 3 et en oméga 6 : des graines (de chanvre, de lin, de chia ou de tournesol) et des noix. Ou des œufs, si vous n’êtes pas fan de graines. Et pour les plus courageu.ses.x une cuillère d’huile de foie de morue à jeun, miam ;

​👉 Les flavonoïdes: vous les trouverez dans la plupart des fruits et légumes, en particulier dans les pommes, les cerises, le raisin et les feuilles vertes (salade … et feuilles de cannabis ;)) ;

Si vous savez déjà que vous ne changerez pas grand-chose à vos habitudes alimentaires, alors faites un petit effort, et mangez un carré de chocolat 🍫​ (noir, avec un maximum de cacao) de temps en temps. En effet le cacao est l’une des sources les plus riches en Anandamide.

Dormir 8 heures par nuit 😴​

Dormir plus, en voilà une habitude qui en séduit plus d’un.e. Le problème, c’est que ce n’est pas toujours évident… Les heures de bureau et le catalogue de Netflix ne favorisent pas franchement de bonnes nuits de sommeil.

Eh oui, mais voilà : c’est pendant la nuit que notre organisme se régénère. Et c’est donc la nuit, et uniquement la nuit, que votre pauvre SEC a l’occasion de se reposer et de reprendre ses marques (4).

Si vous êtes tout le temps fatigué, que vous avez du mal à vous concentrer et que vous avez l’impression de vivre dans un nuage de flemme, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire :

👉 Pas de lumière artificielle au lit (ayez au moins le réflexe de passer en mode nuit) ;

👉 Des horaires réguliers au coucher et au réveil ;

👉 Pas de repas trop calorique, et pas de café si vous êtes sensible à la caféine ;

👉Une petite verveine, ou quelques gouttes d’huile de CBD sous la langue ;

👉 Et mettez votre mental au repos : on ne planifie pas le lendemain, on ne se remémore pas la journée passée, on ne se focalise pas sur les problèmes à venir. On dort.

Faire du sport 🚵

Manger mieux. Dormir mieux. Il reste : se bouger !

On ne le dira jamais assez : le sport, c’est la vie. Et ça ne sert pas uniquement à maintenir la silhouette et compenser les excès du Nouvel An.

Figurez-vous que lorsque vous réalisez un effort physique, vous stimulez votre système endocannabinoïde. Plus précisément, lorsque vous faites un petit jogging ou que vous soulevez des altères, eh bien votre corps libère de l’Anandamide (5). Selon certains scientifiques, c’est d’ailleurs ce qui expliquerait la sensation d’euphorie ressentie après un effort physique comme la course à pied.     

Bref, si vous ne voulez pas manquer d’endocannabinoïdes, mais que vous détestez courir, achetez-vous un vélo pour aller au boulot, essayez de faire du roller ou faites le ménage en dansant (mais pas une fois par mois !). Ou bien : marchez, ça fonctionne également.

Des pauses cocooning 🥰​

Cocooning. Le mot parle de lui-même : se blottir dans un petit cocon hermétique au reste du monde. Si ça vous donne envie, c’est probablement parce que vous êtes trop souvent stressé.e.

Vous êtes à fleur de peau, un rien vous énerve et vous avez la légère – ou évidente – sensation que rien ne va et que tout est compliqué. Affirmatif, vous souffrez de stress chronique. C’est mauvais pour la santé et pour votre SEC qui ne sait plus où donner de la tête.

Il existe mille façons de réduire le niveau de stress, au moins pour un instant. Sport (eh oui, encore lui le bougre), musique, lecture, bière en terrasse, bain chaud avec de la mousse et des bougies (oui, comme dans les films), massage, acuponcture, aromathérapie, yoga … Bref, il y a le choix.

booster production de cannabinoïdes

Mais il y a un moyen qui a fait l’objet de plusieurs études, et dont les retours d’expérience sont assez éloquents, il s’agit de la méditation.

Il semblerait que le simple fait de rester immobile (dans le corps et dans la tête) pendant quelques minutes par jour suffit à stimuler le SEC et ainsi éviter une carence en endocannabinoïdes (6). Bon, c’est gratuit, et ça ne vous prendra que 5 minutes par jour…

Les produits CBD peuvent-ils compenser une carence en endocannabinoïdes ?

Et voilà, vous avez à présent une raison de plus pour améliorer votre hygiène de vie. Malgré tout, vous ne seriez sans doute pas contre l’idée d’une solution moins contraignante. Après tout, lorsque l’on souffre d’une carence en magnésium, on a la possibilité de prendre un complément alimentaire riche en magnésium pour combler le manque.

Sachant cela, il est parfaitement pertinent de se demander si les produits CBD peuvent aider à compenser une carence en endocannabinoïdes.

CBD et système endocannabinoïde

Le CBD étant un phytocannabinoïde, il réagit effectivement avec notre SEC. La consommation de produits qui en contiennent pourrait donc stimuler la production d’endocannabinoïdes (Anandamide et AG-2).

Bien qu’il n’existe pas de preuve formelle – puisqu’en fin de compte, la carence en endocannabinoïdes reste une théorie – plusieurs études suggèrent que le CBD augmente indirectement le niveau d’Anandamide. En effet, il serait capable de diminuer la production de l’enzyme FAAH, laquelle détruit l’Anandamide en excès (7).

Par ailleurs, le CBD pourrait compenser les effets apaisants et relaxants de l’Anandamide. Il a en effet beaucoup d’affinité avec nos récepteurs TRPV1 (8). Présents dans le cerveau, ils sont responsables de la transmission du message de douleur, ce qui explique en quoi le CBD peut aider les personnes atteintes de douleurs chroniques ou de maladies induisant des symptômes douloureux.

Pourquoi privilégier les produits full spectrum

Avec le THC, le CBD est l’un des deux cannabinoïdes les plus connus. Pour autant, ce ne sont pas les seuls, loin de là ! Les fleurs de cannabis abritent en effet plus d’une centaine de phytocannabinoïdes. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils sont tous bénéfiques, dès lors qu’ils réagissent tous avec notre système endocannabinoïde.

Par ailleurs, selon la théorie – qui est pratiquement un fait – de l’effet d’entourage, les cannabinoïdes se montrent bien plus efficaces lorsqu’ils sont pris en commun que de manière isolée.

En cela, le cannabis médical contient du THC, du CBD et tous les autres cannabinoïdes (CBG, CBN, CBC, etc.). Et les études qui démontrent son efficacité pour soigner (ou tout du moins, ralentir l’évolution) de certaines maladies ne cessent de s’accumuler.

D’ailleurs, si le Dr Ethan Russo pense que la fibromyalgie, les migraines et les troubles du côlon irritable sont dus à une carence en endocannabinoïdes, c’est aussi parce que les études montrent que les patients atteints de ces maux traités avec du cannabis médical voient leur condition s’améliorer de manière significative.  

En France, il est très compliqué de se fournir en cannabis médical (ou en huiles de cannabis comme le Sativex et l’Epidiolex). Néanmoins, certains produits dits « full spectrum » contiennent l’ensemble des cannabinoïdes, en plus des terpènes et des flavonoïdes, permettent ainsi de maximiser l’efficacité et leur action sur le système endocannabinoïde.

​👌​

En bref …

… Si vous pensez que vous souffrez d’une carence en endocannabinoïdes, prenez soin de vous : mangez mieux, dormez plus, bougez, écoutez de la musique zen, et… donnez-vous un petit coup de pouce avec une huile de CBD full spectrum 😉

Nos sources

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